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Recensement de 2006 : Peuples autochtones du Canada en 2006 : Inuits, Métis et Premières nations, Recensement de 2006 : Les membres des Premières nations

La proportion des membres des Premières nations parlant une langue autochtone reste stable, même au sein de la génération plus jeune

La langue est souvent considérée comme l'essence même d'une culture, et selon la Commission royale sur les peuples autochtones, la revitalisation des langues traditionnelles est essentielle à l'épanouissement des personnes et des collectivités1. La langue « n'est pas seulement un moyen de communication, mais également ce qui lie les gens à leur passé et jette les fondements de leur vitalité sociale, émotive et spirituelle »2. Selon l'Enquête auprès des peuples autochtones de 2001, plus de 2 membres des Premières nations sur 3 ont déclaré que le fait de conserver, apprendre ou réapprendre leur langue autochtone était très ou assez important pour eux3.

Les données des recensements de 2001 et 2006 indiquent que 29 % des membres des Premières nations parlent une langue autochtone, assez bien pour pouvoir soutenir une conversation4. C'est le cas de 51 % de la population des réserves, comparativement à 12 % de la population hors réserve.

Seulement 1 % de la population des Premières nations ne parle qu'une langue autochtone, bien que ce pourcentage augmente pour atteindre 5 % chez les personnes âgées de 65 à 74 ans, et 10 % dans le groupe des 75 ans et plus. Dans les réserves, 18 % des membres des Premières nations âgés de 75 ans et plus ne parlent qu'une langue autochtone.

Pas moins de la moitié des personnes âgées des Premières nations peuvent soutenir une conversation dans une langue autochtone. Environ 50 % des personnes âgées de 65 à 74 ans et 52 % des personnes de 75 ans et plus parlent une langue autochtone. Au sein de la population des réserves, environ les quatre cinquièmes (83 %) des personnes âgées des Premières nations de 75 ans et plus parlent une langue autochtone, comparativement au quart (24 %) environ de leurs homologues vivant hors des réserves.

La capacité de parler une langue ancestrale constitue une façon de transmettre leur savoir d'une génération à l'autre. L'apprentissage d'une langue autochtone peut contribuer à augmenter le bien-être et l'estime de soi5. En 2006, 21 % des enfants des Premières nations de 14 ans et moins et 24 % des jeunes âgés de 15 à 24 ans pouvaient soutenir une conversation dans leur langue ancestrale. Les proportions étaient sensiblement les mêmes en 2001.

La capacité de parler une langue autochtone est nettement plus fréquente au sein de la population des réserves. Par exemple, 39 % des enfants de 14 ans et moins dans les réserves parlent une langue autochtone, une légère hausse par rapport à 36 % en 2001. Par contre, la proportion est de 6 % pour les enfants des membres des Premières nations vivant hors réserve, en baisse par rapport à 8 % en 2001.

Tableau 23 Pourcentage de la population des Premières nations connaissant une langue autochtone selon les groupes d'âge, Canada, 2001 et 2006

Le cri est la langue parlée par le plus grand nombre de membres des Premières nations

Le recensement fait état de plus de 60 langues autochtones parlées par les membres des Premières nations au Canada, langues regroupées dans des familles distinctes comprenant, entre autres, les familles de langues algonquines, athapascanes, sioux6, salishennes, tsimshennes, wakashanes et iroquoises7, de même que le haïda, le kutenai et le tlingit. La viabilité à long terme de certaines langues algonquines, telles que le cri et l'ojibway, est mieux assurée que celle d'autres langues des Premières nations, comme le nisga'a et le haïda, en raison d'une proportion relativement forte de locuteurs8.

Le cri se classe au premier rang des langues autochtones parlées par les membres des Premières nations. On estime à 87 285 le nombre de personnes capables de soutenir une conversation en cri; viennent ensuite l'ojibway (30 255 personnes), l'oji-cri (12 435) et le montagnais-naskapi (11 080).

Par ailleurs, 9 250 personnes sont en mesure de soutenir une conversation en déné, 8 540, en mi'kmaq, 6 285, dans une langue sioux et 5 320, en atikamekw. Environ 4 760 personnes peuvent converser en pied-noir. La plupart de ces langues appartiennent à la famille algonquine. Font exception à cet égard les langues sioux (dakota et sioux) et le déné, une langue athapascane.

Le nombre de membres des Premières nations parlant leur langue autochtone a augmenté pour la plupart des langues parlées par un nombre considérable de personnes. Entre 2001 et 2006, le nombre de membres des Premières nations parlant l'oji-cri a augmenté de 20 %. Il a progressé de 12 % pour les membres des Premières nations parlant l'atikamekw, de 10 % dans le cas du pied-noir et du montagnais-naskapi et de 8 % pour le déné. Le nombre de personnes parlant le cri a progressé de 7 %.

Le nombre de membres des Premières nations capables de soutenir une conversation en mi'kmaq a peu varié entre 2001 et 2006.

Cependant, une baisse de 2 % a été observée dans le nombre de membres des Premières nations pouvant converser en ojibway. L'ojibway étant parlé par un grand nombre de personnes, cela reflète une diminution de plus de 600 locuteurs de membres des Premières nations parlant une langue autochtone entre 2001 et 2006. Les autres langues affichant une baisse d'au moins 30 % sont le haïda (‑31 %), le tlingit (-30 %) et le malécite (-30 %).

Tableau 24 Indicateurs des langues autochtones des membres des Premières nations, Canada, 2001 et 2006

Les langues des Premières nations apprises à titre de langues secondes

Un membre des Premières nations sur quatre (25 %) a déclaré avoir une langue maternelle autochtone en 2006. La proportion était sensiblement la même en 2001. Cependant, les membres des Premières nations capables de parler une langue autochtone étaient plus nombreux que ceux ayant déclaré cette langue à titre de langue maternelle. Ceci peut être dû au fait que les membres des Premières nations aient appris une langue autochtone à titre de langue seconde.

Ainsi, en 2006, 76 460 membres des Premières nations ont déclaré avoir le cri pour langue maternelle, tandis que 87 285 ont indiqué être en mesure de parler cette langue, ce qui signifie que 12 % des membres des Premières nations parlant le cri l'ont appris à titre de langue seconde.

La proportion de locuteurs de langue seconde peut atteindre les 30 % ou 40 % pour certaines langues comptant très peu de locuteurs des Premières nations, comme le shuswap, parlé par 1 585 personnes, le tsimshian, parlé par 590 personnes et le tlingit, par 150 seulement. La proportion était également assez élevée pour le pied-noir (4 760 locuteurs) et les langues athapaskanes non incluses ailleurs (1 530 locuteurs).

Notes :

  1. Commission royale sur les peuples autochtones (CRPA), 1996. Rapport de la Commission royale sur les peuples autochtones, 5 volumes, Ottawa, Gouvernement du Canada, p. 163.
  2. Norris, M.J. 1998. « Les langues autochtones du Canada », Tendances sociales canadiennes, no 51, produit no 11‑008‑XIF au catalogue de Statistique Canada. p. 8.
  3. Statistique Canada, 2003. Enquête auprès des peuples autochtones de 2001 : premiers résultats – Bien-être de la population autochtone vivant hors réserve, produit no 89‑589‑XIF au catalogue de Statistique Canada.
  4. Des changements sont survenus entre 1996 et 2001 dans la structure des réponses et dans le codage de certaines langues autochtones (cri, ojibway, oji-cri, esclave du Nord – peau‑de‑lièvre, esclave du Sud) et pour certaines réserves indiennes. Par conséquent, l'analyse des langues autochtones dans le présent document se concentre sur les variations observées entre 2001 et 2006, les chiffres ayant été rajustés pour tenir compte des réserves partiellement dénombrées.
  5. Ministère du Patrimoine canadien, 2005, Le début d'un temps nouveau : premier rapport en vue d'une stratégie de revitalisation des langues et des cultures des Premières nations, des Inuits et des Métis, rapport présenté à la ministre du Patrimoine canadien par le Groupe de travail sur les langues et les cultures autochtones, juin 2005, Ottawa, produit no CH4‑96/2005 au catalogue.
  6. En comparant les données du Recensement de 2006 à celles de 2001, on constate une surestimation du nombre de personnes ayant déclaré des langues sioux (dakota/sioux) en Colombie-Britannique, et, par conséquent, à l'échelon national. Même si cela ne concerne qu'une partie relativement petite de la population, il importe de faire preuve de prudence au moment d'analyser les données de recensement pour les langues sioux (dakota/sioux) dans ces géographies.
  7. En raison du dénombrement partiel des réserves, il importe de faire preuve de prudence au moment d'utiliser les données pour les langues iroquoises.
  8. Norris, M.J. 2007. « Langues autochtones au Canada : nouvelles tendances et perspectives sur l'acquisition d'une langue seconde », Tendances sociales canadiennes, no 83, produit no 11-008 au catalogue de Statistique Canada.

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