Les unions mixtes au Canada

Encadré 1 : Enquête nationale auprès des ménages

Le présent article de l'ENM en bref est fondé sur des données de l'Enquête nationale auprès des ménages (ENM). Environ 4,5 millions de ménages à travers le pays ont été sélectionnés pour l'ENM, ce qui représentait environ le tiers de tous les ménages.

Cet article est un complément au document analytique Immigration et diversité ethnoculturelle au Canada, no 99-010-X2011001 au catalogue, et aux articles L'obtention de la citoyenneté canadienne et Statut des générations : les enfants nés au Canada de parents immigrants de l'ENM en bref, no 99-010-X2011003 au catalogue, diffusés le 8 mai 2013.

Des renseignements supplémentaires sur l'Enquête nationale auprès des ménages sont présentés dans le Guide de l'utilisateur de l'Enquête nationale auprès des ménages, no 99-001-X au catalogue. Des renseignements sur la qualité et la comparabilité des données de l'ENM sur l'immigration et la diversité ethnoculturelle figurent dans la série de guides de référence portant sur ces thèmes.

Introduction

Au Canada, les unions mixtes représentent une petite proportion de l'ensemble des couples mariés et en union libre. Toutefois, au fur et à mesure que la population canadienne s'est diversifiée, leur nombre a augmenté graduellement au cours des dernières décennies.

Encadré 2 : Concepts et définitions

Un couple désigne les conjoints mariés ou les partenaires en union libre qui vivent dans le même logement. Il comprend les couples de sexe opposé et de même sexe.

La mixité conjugale peut être examinée de différentes façons. Par exemple, elle peut désigner des couples qui n'ont pas la même origine ethnique, la même religion, la même langue ou le même lieu de naissance.

Dans cet article, les couples en union mixte sont étudiés à partir de la différence de statut de minorité visible des deux personnes en relation conjugale. Les unions mixtes désignent les couples au sein desquels un conjoint ou partenaire fait partie d'un groupe de minorités visibles, mais pas l'autre, ainsi que les couples où les deux conjoints ou partenaires appartiennent à des groupes de minorités visibles différents.

Selon la Loi sur l'équité en matière d'emploi, les minorités visibles désignent « les personnes autres que les Autochtones, qui ne sont pas de race blanche ou qui n'ont pas la peau blanche ». Il s'agit principalement des groupes suivants : Sud-Asiatique, Chinois, Noir, Philippin, Latino-Américain, Arabe, Asiatique du Sud-Est, Asiatique occidental, Coréen et Japonais.

Hausse des couples en union mixte

Selon les données de l'Enquête nationale auprès des ménages de 2011, environ 360 045 couples, ou 4,6 % de tous les couples mariés ou en union libre au Canada, étaient en union mixte. Parmi ceux-ci, 305 075 couples, ou 3,9 % de tous les couples, étaient composés d'une personne de minorité visible et d'une personne qui ne l'était pas, tandis que 54 970 couples étaient formés de deux personnes appartenant à des groupes de minorités visibles différents, soit 0,7 % de l'ensemble des couples.

Comparativement aux résultats des recensements précédents, la proportion de couples en union mixte est en hausse. Les couples en union mixte représentaient 2,6 % de l'ensemble des couples en 1991, 3,1 % des couples en 2001 et 3,9 % des couples en 2006.

La proportion d'unions mixtes varie selon les groupes de minorités visibles

Certains groupes de minorités visibles ont plus tendance à vivre en union mixte que d'autres (tableau 1). En 2011, les Japonais étaient de loin les plus susceptibles d'être en relation conjugale avec une personne d'un autre groupe. Parmi les 32 800 couples composés d'au moins une personne japonaise, 78,7 % comprenaient un conjoint ou partenaire qui n'était pas Japonais. Les Latino-Américains (48,2 %) et les Noirs (40,2 %) étaient les deuxième et troisième groupes de minorités visibles les plus susceptibles de former des unions mixtes.

En revanche, les deux plus grandes populations de minorités visibles au Canada, soit les Sud-Asiatiques et les Chinois, affichaient les plus faibles proportions de couples avec un conjoint ou un partenaire de l'extérieur de leur groupe, soit respectivement 13,0 % et 19,4 %.

La taille, la composition démographique et ethnoculturelle, la répartition géographique, le nombre de générations et d'années passées au Canada ainsi que d'autres caractéristiques pourraient expliquer les variations des unions mixtes parmi les groupes de minorités visibles.

Diversité au sein des couples

Les unions mixtes sont majoritairement formées de personnes originaires de deux pays différents. En 2011, près de la moitié des unions mixtes (49,2 %) étaient composées d'une personne née au Canada et d'une personne née à l'étranger, et 19,4 % des unions mixtes unissaient des personnes originaires de deux pays différents à l'étranger. Les couples formés de deux Canadiens de naissance représentaient 25,3 % des unions mixtes et ceux constitués de deux personnes nées dans le même pays autre que le Canada, 6,0 % des unions mixtes.

En comparaison, la vaste majorité de l'ensemble des couples était composée de deux personnes originaires du même pays. Les couples formés de deux Canadiens de naissance représentaient 66,9 % de tous les couples mariés ou en union libre, tandis que la part des couples unissant deux personnes nées dans le même pays à l'extérieur du Canada s'établissait à 18,2 %. Quant aux couples unissant deux personnes originaires de pays différents, ils représentaient de plus petites parts de l'ensemble des couples : 11,2 % des couples étaient formés d'une personne née au Canada et d'une personne née à l'extérieur du Canada, alors que 3,7 % des couples étaient constitués de personnes originaires de deux pays différents autres que le Canada.

La majorité des personnes vivant en couple ont déclaré la même religion que leur conjoint ou partenaire. C'est aussi le cas des personnes en union mixte, mais dans une moindre mesure. En 2011, les couples formés de deux conjoints ou partenaires du même grand groupe religieux représentaient 73,6 % de l'ensemble des couples et ceux composés de deux personnes ayant déclaré n'avoir aucune appartenance religieuse, 16,6 % des couples. En comparaison, la moitié des unions mixtes étaient formées de deux personnes ayant la même religion, et 2 unions mixtes sur 10 étaient constituées de deux personnes ayant déclaré n'avoir aucune appartenance religieuse.

Les couples en union mixte tendent, dans une plus petite proportion que celle des autres couples, à avoir appris la même langue à la maison durant leur enfance. Un peu moins de la moitié (45,4 %) des unions mixtes étaient formées de deux personnes ayant au moins une langue maternelle commune. En comparaison, près de 9 couples en union non mixte sur 10 avaient une ou plusieurs langues maternelles communes.

Les personnes vivant en union mixte sont plus susceptibles d'être jeunes

Les personnes vivant en union mixte tendent à être plus jeunes que celles vivant en union non mixte. En 2011, l'âge médian des personnes vivant en union mixte était de 41,6 ans, alors que l'âge médian des personnes en union non mixte était de 50,3 ans.

Parmi les personnes vivant en union mixte, la plus grande part se situait dans le groupe d'âge des 35 à 44 ans (30,8 %), suivi du groupe des 25 à 34 ans (25,8 %). Dans le cas des personnes vivant en union non mixte, la plus grande part se situait plutôt parmi le groupe d'âge des 55 ans et plus (38,5 %), suivi du groupe des 45 à 54 ans (24,3 %).

Pour ce qui est de la proportion de tous les couples, les couples en union mixte sont plus communs auprès des jeunes générations. En 2011, la plus forte proportion de couples en union mixte était parmi les personnes âgées de 25 à 34 ans (7,7 %), suivies des personnes âgées de 35 à 44 ans (6,8 %) et de celles âgées de 15 à 24 ans (6,1 %). En revanche, les personnes âgées de 45 à 54 ans et celles âgées de 55 ans et plus affichaient les plus faibles proportions de couples en union mixte, soit respectivement 4,1 % et 2,7 %.

La plupart des couples en union mixte résident dans les grandes régions métropolitaines de recensement

La plupart des couples en union mixte résident dans les grandes régions métropolitaines de recensement. En 2011, 6,0 % des couples qui vivaient dans l'une des 33 régions métropolitaines de recensement étaient en union mixte, comparativement à 1,0 % des couples qui vivaient à l'extérieur de ces régions. Vancouver et Toronto, les deux régions métropolitaines de recensement comptant les plus grandes populations de minorités visibles, étaient également les régions qui affichaient les plus grands nombres et les plus grandes proportions de couples en union mixte.

Renseignements supplémentaires

Des renseignements supplémentaires sur l'immigration et la citoyenneté se trouvent dans les Tableaux de données de l'ENM, nos 99-010-X2011026 à 99-010-X2011035 au catalogue, le Profil de l'ENM, no 99-004-X au catalogue, ainsi que dans la Série « Perspective géographique » de l'ENM, no 99-010-X2011005 au catalogue.

Pour obtenir des détails au sujet des concepts, des définitions, des univers, des variables et des termes géographiques utilisés dans l'Enquête nationale auprès des ménages de 2011, veuillez consulter le Dictionnaire de l'Enquête nationale auprès des ménages, no 99-000-X au catalogue. Pour des explications détaillées sur les concepts et des renseignements sur la qualité des données, veuillez vous reporter aux guides de référence sur le site Web du Programme du recensement.

Note aux lecteurs

Arrondissement aléatoire et répartitions en pourcentage : Afin de protéger le caractère confidentiel des renseignements recueillis lors de l'Enquête nationale auprès des ménages de 2011 tout en maintenant la qualité des résultats, on applique une méthode qui consiste à arrondir de façon aléatoire les valeurs présentées dans les cellules individuelles. Par conséquent, lorsque ces données sont totalisées ou regroupées, la valeur totale peut ne pas correspondre à la somme des valeurs individuelles, étant donné que le total et les totaux partiels sont arrondis séparément. De même, la somme des répartitions en pourcentage, qui sont calculées à partir de données arrondies, ne correspond pas nécessairement à 100 %.

En raison de l'arrondissement aléatoire, les estimations et les pourcentages peuvent varier légèrement entre différents produits de l'Enquête nationale auprès des ménages de 2011, notamment les documents analytiques et les tableaux de données.

Comparabilité entre les estimations du questionnaire complet du Recensement de 2006 et les estimations de l'Enquête nationale auprès des ménages de 2011 : Les utilisateurs doivent faire preuve de prudence lorsqu'ils comparent les estimations du questionnaire complet du Recensement de 2006 avec les estimations de l'Enquête nationale auprès des ménages (ENM) de 2011, car ces deux sources de données représentent des populations différentes. La population cible du questionnaire complet du Recensement de 2006 comprend les résidents habituels dans les logements collectifs et les personnes vivant à l'étranger, alors que la population cible de l'ENM les exclut. De plus, les estimations de l'ENM sont dérivées d'une enquête à participation volontaire, et elles peuvent par conséquent, comporter davantage d'erreurs dues à la non-réponse que les estimations dérivées du questionnaire complet du Recensement de 2006.

Remerciements

Ce rapport a été rédigé par Hélène Maheux de la Division de la statistique sociale et autochtone de Statistique Canada, avec la collaboration de membres du personnel de la Division de la statistique sociale et autochtone, du Secrétariat des domaines spécialisés du recensement, de la Division des opérations du recensement, de la Division de la diffusion et de la Division des communications de Statistique Canada.

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